Re: Les images chocs de la sécurité routière
Bonjour Geoffrey
Je suis tout-à-fait d'accord avec Jean-Louis sur le faux intérêt porté par les pouvoirs publics sur la sécurité routière...et sur la façon, toujours négative, d'aborder ces problèmes...
Cependant, bien que je sois la première à dénoncer le manque de formation au sens large, je crois qu'il faut néanmoins différencier les publics.
Je veux dire que certains vont avoir un accident alors qu'ils sont en pleine possession de leurs moyens, et d'autres en auront un parce que leurs capacités sont provisoirement altérées par l'alcool, la fatigue ou autre...ou parce que leur maturité les pousse à prendre, sciemment, des risques inutiles pour ne pas dire dangereux...
Pour le premier cas, il faudra essentiellement compléter la formation. Pour les autres, souvent parmi les plus jeunes conducteurs, le travail sera davantage d'ordre "psychologique" : arriver à leur faire prendre conscience de la gravité potentielle des risques qu'ils prennent, à ce qu'ils se rendent compte que leur insouciance n'est pas fondée, que ça n'arrive pas qu'aux autres etc...
Vous me voyez venir : dans ces derniers cas, je pense malheureusement que des images choc peuvent avoir une certaine efficacité, du moins à court terme. Une baisse de 60% des tués pour les fêtes dans l'état de Victoria, il faut tout de même avouer que cela fait réfléchir...
Pour ce qui est du plus long terme, il faudrait qu'il y ait une cohérence au niveau éducatif : permettre aux jeunes de se sentir mieux dans leur peau, encourager la responsabilisation et l'autonomie très tôt, ne pas les confronter à choix des politiques incohérents (une conso, une offerte...), faire beaucoup plus pour ce fléau que représente l'alcool chez les jeunes, prévoir un encadrement et un suivi spécifique notamment pour les candidats qui présentent à l'évidence quelques prédispositions à la délinquance routière, etc...
Il n'en reste pas moins que de grossières erreurs de conduite envahissent nos routes au quotidien, et qu'un gros travail est à faire pour prendre en compte les véritables causes...au lieu de surenchérir sur la répression de la vitesse, sans discernement...
En résumé, des images choc en situation de crise pour agir ponctuellement pourquoi pas, mais cela ne fera jamais faire l'économie du travail de fond, auquel peu de personnes s'intéressent dans notre gouvernement...
De plus, ne perdons pas de vue que ces spots sont visualisés par "n'importe qui", du très jeune public souvent livré à lui-même devant le petit écran, aux personnes déjà profondément éprouvées par le sujet...
Il ne faut pas s'affranchir de ces effets "secondaires" et c 'est aussi pour cela que je modère mes propos.
En ce sens, pour répondre au premier degré à la question posée, la campagne française est évidemment plus light, mais sans doute moins "efficace" que l'australienne pour ébranler les plus récalcitrants des usagers de la route...
Voilà, je suis partagée car, même si j'ai admis en partie que ces stratégies pouvaient apporter quelque chose, je pense que cette façon de saisir les gens par la peur n'est pas du tout saine dans l'absolu.
C'est un recours que l'on pourrait (devrait) éviter avec, en amont, une prévention organisée et constructive...tant sur le plan technique que psychologique.
A faire des spots, commençons par des aspects didactiques, comme le propose Jean-Louis.
Et comme le souligne un article : quand on parle d'efficacité, il faut savoir si l'effet est à court, moyen ou long terme.
Ces spots ne peuvent à mon sens n'avoir qu'une incidence éphémère ; une véritable politique de véritable sécurité routière aurait bien évidemment une efficacité à long terme...avec l'inconvénient pour certains de ne pas pouvoir "servir" les intérêts d'ordre électoral entre temps...
Bonne journée.
Isabelle