Bonjour,
Oui Bf pour la commission je suis partant et d'ailleurs saches que je fais tout en ce moment pour devenir consultant du ministère dans le cadre plus particulier de la formation à la conduite dans son environnement le plus large. Il est vrai qu'il y a des lacunes et des lacunes dans le paysage routier; mais ce qui me désole le plus c'est la situation du continuum formatif en France qui est à un point très bas. Dans un de mes "papiers" je disais et maintiens qu'il faudra malheureusement la mort d'un enfant d'un homme politique connu pour que l'on se penche définitivement sur le sujet. Il est vrai (et là je rejoins Isabelle) que le monde de l'auto-école à encore beaucoup à faire pour se mettre à réfléchir sur son obligation d'intervenir auprès d'un public plus large et en respectant une déontologie qui enclenche le respect.
Le ministère qui nous gère travaille par étape. La première aura été de mettre les AE en face de leur responsabilité en enclenchant un système basé sur le mérite par un retour de places d'examen lié aux nombres de reçus en code ou au nombre de premières présentations pour la conduite. Nous avons eu ici déjà des fermetures et ce nettoyage durera au moins encore un an pour enclencher une saine évolution dans mon milieu professionnel. Ensuite le ministère prévoit de réformer dans les 3 ans au pire le diplôme de formateur et celui de formateur de formateurs. Le niveau deviendrait universitaire. Ce que je reproche au diplôme actuel c'est un manque crucial de travail sur l'être : l'individualisme de la formation est pour moi une des causes essentielles de l'individualisme des conducteurs.
Il y a donc en ce moment un très gros travail de recherche sur notre milieu avec l'Université d'Aix, et celle de Marne la Vallée. Le ministère aimerait le plus rapidement possible lancer la remise à niveau de tous les conducteurs avec le rendez-vous décennal, mais on chuchote qu'il faudrait 3000 encadrants supplémentaires pour légiférer dans ce sens. En France tout se passe comme çà : on a des idées mais on court en permanence après les moyens humains ou financiers. Et le déficit de la France n'est pas pour me rassurer. Il nous faudra un homme politique prêt à mettre une chaussure sur la table pour que çà bouge de manière radicale. Mais je ne désespère pas car l'Europe et ses instances ont vraiment dans ces trois dernières années été à l'origine d'une saine évolution (permis 35 minutes....) et il est donc possible que la contrainte de formation vienne de ce côté.
Pour le camion de la DDE on ne le dépasse pas : il y a un point à gagner pour les élèves qui passent l'examen car je rappelle ici que nous sommes dans un système d'évaluation qui a ses règles où on doit accepter certaines prérogatives à savoir : un camion par principe n'est pas un véhicule lent sauf si le texte de la question le précise. Par contre en docimologie (étude des examens) c'est mon rayon de prédilection, on peut aussi discuter sur le système actuel d'évaluation du niveau intellectuel en code de la route pour les futurs conducteurs. Il a beaucoup de défauts mais l'ETG a un mérite particulier et très important : le système est connu de ceux qui veulent bien se pencher dessus et de fait la formation peut se calquer en fonction de l'attente institutionnelle. Bon malgré mes 8 reçus sur 10 qui me place dans les 200 meilleures entreprises, je considère que le système n'est pas bon pour plusieurs raisons. La première serait que passer le code à 18 ans est une erreur grotesque. Mais la profession n'envisage pas son entrée dans l'éducation nationale en tant qu'intervenant privé car c'est à 14 ans que devrait se passer le code et pourquoi pas une approche de la route dès l'âge dit de raison (7ans).
Oui il y a du boulot en vue : ce sera pour ma retraite car il faudra une bonne dizaine d'années pour que çà bouge. Combien de vies perdues ou gâchées que l'on aurait pu éviter les associations de victimes de la route peuvent peut-être répondre et je terminerai par ceci : les drames humains de la route ne peuvent trouver leur avant même par une compensation financière. Il faut agir en amont sur l'enfant c'est une base trop facilement oublié par tous : parents et institutionnels. Quand je conduis je suis un miroir pour mes enfants et ils reproduiront mes actions : c'est une base d'éducation.
Amitié à tous,
La Chouette de la Réunion
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